Explorer l’invisible de la nature par la matière.

Qui se cache derrière Aza ?

Sébastien, entre Valognes et les marais du Cotentin

Je m'appelle Sébastien. Je suis né à Valognes — sous-préfecture ancienne de la Manche — et j'habite aujourd'hui dans le Nord Cotentin, à quelques kilomètres de la mer et des marais.

Ma démarche tient en une phrase : explorer l'invisible de la nature par la matière. Cet invisible n'est pas ailleurs. Il est dans la lumière qui hésite sur une mousse, la veine qu'une pierre garde en mémoire depuis trois cents millions d'années, le silence qui descend dans un lieu quand un geste juste vient d'être posé.

Vingt-quatre ans de pierre

J’ai d’abord travaillé la matière brute. Pierre de taille, maçonnerie ancienne, terre crue — j’ai eu mon entreprise dans la restauration du patrimoine bâti pendant un quart de siècle, jusqu’à la fin 2017. Je connais le poids d’un moellon. Les temps de prise d’un mortier de chaux, et ce qu’il faut respecter pour qu’un enduit tienne. La façon dont une pierre se fend si on ne respecte pas son lit avant de la tailler.

Ces vingt-quatre années ne reviennent pas dans Aza par hasard. Elles sont la base technique qui rend le reste possible. On ne dialogue pas avec une pierre comme avec un écran. Il faut l’avoir portée.

Un point où tout s'est dénoué

Fin 2017, l'entreprise s'est arrêtée. Ont suivi plusieurs années de métiers qui n'étaient pas les miens — et à chaque fois, l'essentiel se défaisait un peu plus. Atelier fermé, outils égarés, réseau dispersé. On pourrait appeler ça une perte. J'ai fini par l'appeler autrement : ce qui devait tomber est tombé, et ce qui reste est plus vrai.

Je travaille aujourd’hui dans un parc naturel. C’est mon métier de nécessité — celui qui me permet de tenir, pendant que le reste se construit. Je ne le cache pas. Il fait partie du chemin.

Chercher ce qui était à moi

Pendant que la forme extérieure s'émiettait, j'ai cherché. Par apprentissages successifs, souvent maladroits : copywriting, édition de site, création d'images numériques, tentatives de projets qui n'ont pas abouti. Chaque piste abandonnée a décanté quelque chose.

Il est resté trois choses : la sculpture, la nature, et ce que les traditions contemplatives appellent depuis très longtemps ce qui dépasse la mesure humaine. Ces trois-là, je les porte depuis l'adolescence — voire l'enfance. Je ne les ai simplement pas toujours reconnues.

Les trois mouvements d'Aza

Les créations numériques. Ce sont les seules œuvres qui circulent déjà. Elles m'apprennent à faire exister une présence sans le poids de la matière — une image qui retient un seuil, et c'est tout. Trente exemplaires, puis l'image se retire.

La méditation à l'encre. Un trait, un papier de riz ou de mûrier, un bâton d'encre japonais, un souffle. Le matériel est arrivé il y a plusieurs mois. La pratique s'installe maintenant, à son rythme.

La sculpture pierre et végétal. La pierre est mon ancrage le plus ancien — j'ai sculpté, j'ai taillé, j'ai formé mon œil avant même qu'Aza existe. Un jour, une pierre sculptée accueillera un bonsaï et vivra avec lui. Le mouvement attend aujourd'hui que les premières pièces pierre-végétal voient le jour, à leur rythme. Aucune n'est encore aboutie.

Où j'en suis aujourd'hui

Je construis le lieu avant les œuvres. Ce site que vous lisez est la première étape de ce chantier — et c'est dans cette étape que j'ai choisi de mettre l'essentiel de mon temps actuel. Le reste attend son tour.

Chaque pratique s'installe à son rythme : l'encre démarre ces jours-ci, la sculpture pierre-végétal se réactive à son heure, les créations numériques avancent depuis plus longtemps. J'observe beaucoup. Je contemple beaucoup. Ce sont les deux gestes qui tiennent la démarche debout pendant que la matière prend sa forme.

Les racines qui travaillent en dessous

Depuis l'adolescence, je lis, j'écoute, je traverse les pensées contemplatives — bouddhisme d'abord, veda ensuite, et tout ce qui indique qu'une intelligence plus vaste que la nôtre est à l'œuvre dans le monde. Je ne suis pas un spécialiste. Je suis un chercheur qui tire des ponts entre ce qu'il lit, ce qu'il vit, et ce qu'il fait de ses mains.

Aza est le prolongement concret de cette recherche. Chaque œuvre qui viendra portera quelque chose de ce regard.

L'invitation

Si vous êtes arrivé jusqu'ici, il y a des chances que nous cherchions quelque chose de proche.

Je ne lance pas une marque d'artiste. Je me reconstruis comme artiste. Ce site, ces mots, les premières œuvres qui arrivent — c'est le début du chemin, pas son aboutissement. Vous pouvez suivre le voyage en rejoignant la newsletter. Vous pouvez explorer les trois mouvements dans l'état où ils sont aujourd'hui via la page Œuvres. Vous pouvez me parler directement via la page Contact.

Je ne réponds pas vite. Mais je réponds toujours.

Pour aller plus loin — Lire le manifeste →